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Locomotion et Psychomotricité

Ressources sur la déficience visuelle

La canne : prérequis

Les prérequis

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au niveau moteur

 

Une marche indépendante est nécessaire à l'apprentissage de la technique de canne :

 

- elle nécessite les prérequis suivants (Rivière, 2000) : l'équilibre statique est suffisant, la marche doit être motivée, le déplacement est orienté vers un but, le tonus postural et dynamique sont suffisants,

 

- elle nécessite la prise de conscience tonique nécessaire à l'ajustement aux différents éléments extérieurs (changements de revêtement du sol, dénivelés,…)

 

La préhension de la canne nécessite une capacité de motricité manuelle suffisamment performante.

 

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Le mouvement de balayage nécessite :

 

au niveau sensori-moteur

 

- la capacité de contrôle moteur du poignet (mouvement fin de flexion extension) et donc une capacité de désolidarisation du poignet et de l'avant-bras,


- la capacité de coordination entre les membres supérieurs et inférieurs, permettant l'adaptation du rythme du balayage à celui de la marche (régularité, accélération ou ralentissement). Cette capacité de coordination nécessite une bonne connaissance de la latéralité sur soi (pour la coordination pied canne), mais aussi une bonne dissociation entre membres supérieurs et inférieurs, ainsi qu'entre les hémicorps droit et gauche,

 

- la réalisation du mouvement correspondant à la largeur des épaules nécessite une conscience corporelle suffisante,

- le sens kinesthésique intervient dans la perception des sensations corporelles du mouvement de balayage

  

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au niveau tonico-postural

 

- une bonne régulation tonique est nécessaire au contrôle des mouvements,

- le sens proprioceptif intervient dans le bon positionnement du bras par rapport à la main et de chacun d'eux par rapport au reste du corps

 

 

au niveau cognitif

 

L'efficacité d'un apprentissage est positivement corrélée à l'envie et la motivation de la personne. Dans l'apprentissage de la technique de canne, il doit y avoir une motivation pour les déplacements d'une part, et pour l'apprentissage en lui-même d'autre part. La capacité de prise de décisions par rapport aux informations fournies par la canne est primordiale pour l'efficacité de la technique (réflexe à l'obstacle, réponse motrice adaptée à la situation,…) ; nous parlons également de la capacité de compréhension de cause à effet de la canne (Pogrund et Rosen, 1989), essentielle à une prise de décisions adaptée. Les capacités d'attention et de mémorisation entrent en jeu à différents niveaux : elles permettent la prise d'informations corporelles et extracorporelles, ainsi que leur intégration.

 

 

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Les limites à l'apprentissage de la technique de canne

 

Notre réflexion s'appuie sur différents écrits, la plupart issus de la littérature américaine, concernant les personnes déficientes visuelles n'ayant pas accès à la technique de canne, ainsi que les outils adaptés et imaginés pour leurs déplacements

 

Les limites liées à un niveau de développement psychomoteur insuffisant

 

Les enfants déficients visuels dont le niveau de développement psychomoteur est insuffisant pour l'apprentissage de la technique de canne sont :

 

- les enfants d'âge préscolaire (< 5-6 ans)

- les enfants présentant un retard de développement psychomoteur (pouvant être lié à un syndrome, à un retard global de développement par exemple).

De nombreuses études ont tenté de répondre à la question de l'âge de début de l'apprentissage de la technique de canne. L'âge le plus souvent cité se situe autour de cinq ans. Dans leur article, Pogrund et Rosen (1989) confirment que le jeune enfant n'est pas prêt physiquement à tenir la canne : il manque de contrôle moteur et de coordination motrice. Hatwell (2003, p-96) rappelle que " les niveaux requis de contrôle moteur et de coordination ne sont acquis que tardivement dans l'enfance ". L'enfant présentant un retard de développement psychomoteur, lui non plus, ne possède pas les prérequis à l'apprentissage de la technique de canne.

 

Les limites liées à un handicap sensori-moteur ou cognitif

 

Blasch, LaGrow et Peterson (1997) exposent différents facteurs pouvant limiter l'habileté à l'apprentissage de la technique de canne :

 

- au niveau moteur : un déficit de l'endurance physique, une atteinte motrice (ayant un impact sur la posture, la démarche, l'équilibre), un déficit dans les coordinations motrices,

- au niveau sensoriel : un déficit proprioceptif, kinesthésique ou vestibulaire,

- au niveau cognitif : un déficit dans la prise de décision, dans la prise d'informations, un déficit de la mémoire à court ou long terme, et dans la motivation. Nordskov (1998) soulève le problème rencontré lors de la définition des priorités de prise en charge en locomotion. Elle attire notre attention sur le fait qu'un travail en locomotion n'est pas souvent proposé en priorité à un enfant déficient visuel présentant des handicaps associés sévères. Cependant, comme le note Skellenger (1998), l'évolution de la population handicapée visuelle ces dernières années a nécessité des adaptations au niveau des méthodes et des matériels utilisés dans les déplacements. Joffee et Ehresman (1997) notent que l'utilisation d'une précanne, par une personne déficiente visuelle présentant un déficit cognitif sévère ou modéré, lui facilite la détection des obstacles.

Cet outil est pour elle plus efficace qu'une longue canne car il ne nécessite pas de mouvement de balayage, et permet une protection des deux côtés de la personne tout au long de son trajet. La précanne a ainsi été rapidement proposée aux enfants présentant des handicaps sévères ou multiples. Plus récemment, elle a été suggérée à des adultes déficients visuels avec des handicaps multiples, ou d'âge avancé.

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